jeudi 22 mai 2014

Anti propagande économico-médiatique


Effet moutonnier : cet appel tente de persuader l'auditoire d'adopter une idée en insinuant qu'un mouvement de masse irrésistible est déjà engagé ailleurs pour cette idée. Comme tout le monde préfère être dans le camp des vainqueurs que dans la minorité qui sera écrasée, cette technique permet de préparer l'auditoire à suivre le propagandiste."

lundi 28 avril 2014

L’importance de défendre le français et de lutter contre l’illettrisme


« Avec l’anglais on va au bout du monde, avec le français, on va au bout des choses.» Le français est après le latin, la langue la plus précise et la plus concise au monde, c'est pourquoi elle a été pendant des siècles la langue diplomatique européenne. Si les résolutions de l’ONU étaient rédigées en français, il ne pourrait pas en exister deux lectures, israélienne et palestinienne. Le français est avec l’anglais la seule langue dont on trouve des locuteurs où que l’on aille dans le monde. C’est la raison pour laquelle il est la cible de l’impérialisme linguistique anglo-étasunien, comme principal concurrent à la mondialisation de la langue anglaise.

Je comprends la colère de Michel Serres qui veut faire la grève contre l’invasion de l’anglais, contre les publicités en anglais. Il s’en prend à la classe dominante qui ne veut pas parler la même langue que le peuple. La classe dominante parle anglais et le français est devenu la langue des pauvres. Et dit-il, «il y a plus de mots anglais sur les murs de Toulouse qu’il y avait de mots allemands pendant l’Occupation ».

Dans le langage courant, à la télévision, les digues élevées par la politesse contre le déferlement de la matière ont été emportées. La vulgarité l’emporte et ne semble même plus audible.
Notre ministre de l’Enseignement Supérieur, déclare le 20 mars 2013 « Si nous n’autorisons pas les cours en anglais, nous n’attirerons pas les étudiants des pays émergents comme la Corée du Sud et l’Inde. Et nous nous retrouverons à cinq à discuter de Proust autour d’une table, même si j’aime Proust. ». Il ne resterait donc plus que cinq personnes cultivées en France?… C’est reconnaître que les 80 % de jeunes qui obtiennent le baccalauréat ne sont pas cultivés.

Une langue pauvre en vocabulaire est une cause de violence.

Plus de 20 % de la population française ne possède qu’une langue réduite dans ses ambitions et dans ses moyens : 600 à 800 mots, quand il nous en faut en moyenne 5 000 à 6 000 pour accepter et comprendre nos différences.

Nous pensons à ces jeunes prêts à exploser à la première vexation, au premier « manque de respect » comme ils disent. Leurs parents et leurs maîtres n’ont pas su leur transmettre la capacité de mettre pacifiquement en mots leur pensée pour l’autre. L’illettrisme accompagne et aggrave l’exclusion. Il rend vulnérable face à des discours intégristes.

Ecoutons Jacqueline de Romilly, cette grande dame : « Apprendre à penser, à réfléchir, à être précis, à peser les termes de son discours, à échanger les concepts, à écouter l’autre, c’est être capable de dialoguer ; c’est le seul moyen d’endiguer la violence qui monte en nous. La parole est le rempart contre la bestialité. »

Maurice Collin, Grenoble - 9 janvier 2014

mercredi 23 avril 2014

Pour la sortie de la France de l'OTAN

 
 
 
 
Un article plus récent sur la vassalisation des pays faisant partie de l'OTAN aux Etats-Unis d'Amérique :
 
 
Entrée en matière : "Une question toute bête, toute simple : pourquoi y-a-t-il des bases de l’Otan, (disons plus franchement américaines) avec des missiles braqués sur la Russie, en Estonie, en Pologne, en Roumanie ?"

 

mardi 15 avril 2014

Anti Europe fédérale



"[Depuis 15 ans] le pouvoir d'achat n'a pas baissé"
François Lenglet, ancien directeur de BFM Business ("consultant" ès économie France 2)

Des paroles et des actes -  jeudi 10 avril 2014

A chacun le soin de déterminer si son salaire a augmenté en proportion...



FT : Je récuse le qualificatif "d'eurosceptique" qui laisse à penser que tout le monde serait pour l'Europe et qu'il n'y aurait en France, en somme - tout au plus -, que des gens habités par le doute : l'union européenne, je suis contre !
 

dimanche 23 mars 2014

Arthur Rimbaud, Le Dormeur du val, octobre 1870

Saint-Arnoult (Oise - Picardie) - la Source / 22.03.2014

C'est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Arthur Rimbaud, Le Dormeur du val, octobre 1870

dimanche 2 mars 2014

Le meilleur des mondes, [c'est maintenant] - Huxley 1932

 
 
« Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de manière violente. Les méthodes du genre de celles d’Hitler sont dépassées. Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit des hommes. L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées.

Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle. Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire en sorte que l’accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste. Que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif. Surtout pas de philosophie. Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser.

On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains. Comme tranquillisant social, il n’y a rien de mieux. En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté.

Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur – qu’il faudra entretenir – sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur. L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu.

Toute doctrine mettant en cause le système doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutienne devront ensuite être traités comme tels. On observe cependant, qu’il est très facile de corrompre un individu subversif : il suffit de lui proposer de l’argent et du pouvoir. »

 
Aldous Huxley, 1932