dimanche 24 août 2014
Épitaphe - Gérard de NERVAL (1808-1855)
Épitaphe
Il a vécu tantôt gai comme un sansonnet,
Tour à tour amoureux insoucieux et tendre,
Tantôt sombre et rêveur comme un triste Clitandre.
Un jour il entendit qu'à sa porte on sonnait.
C'était la Mort ! Alors il la pria d'attendre
Qu'il eût posé le point à son dernier sonnet ;
Et puis sans s'émouvoir, il s'en alla s'étendre
Au fond du coffre froid où son corps frissonnait.
Il était paresseux, à ce que dit l'histoire,
Il laissait trop sécher l'encre dans l'écritoire.
Il voulait tout savoir mais il n'a rien connu.
Et quand vint le moment où, las de cette vie,
Un soir d'hiver, enfin l'âme lui fut ravie,
Il s'en alla disant : " Pourquoi suis-je venu ? "
Gérard de NERVAL (1808-1855)
mardi 24 juin 2014
Louis Triquet, cavalier du Sieur de Saint-Florent
"Jusqu'au XVIIe siècle aucune fondation particulière n'existe pour abriter les soldats invalides. En 1670, Louis XIV décide la création de l'Hôtel des Invalides destiné à accueillir les vétérans de ses guerres. La direction des travaux est confiée à l'architecte Libéral Bruant, qui érige un chef d'œuvre du style classique, grandiose, sobre et élégant.
Les premiers pensionnaires s'y installent en 1674. A la fois hospice, caserne, couvent, hôpital et manufacture, l'Hôtel est une véritable cité réglementée selon un système à la fois militaire et religieux. A la fin du XVIIe siècle, il abrite jusqu'à 4000 pensionnaires. Ceux-ci, encadrés par leurs officiers, se partagent en compagnies. Les plus valides assurent un service de garde, notamment à la Bastille, les autres animent des ateliers de cordonnerie, tapisserie et enluminure."
Soldat reçu aux Invalides le 12 juin 1705
Louis Triquet
- Né en 1640 à Gratibus, Somme - Picardie, France
- Décédé le 19 avril 1711 à Paris VIIe - Hôtel des Invalides, Paris - Ile de France, à l’âge de 71 ans
Acte intégral tiré des registres :
| Reçu à l'hôtel le | 12 Juin 1705 |
| Acte |
"Louis Triquet agé de 65 ans, Natif de Gratibu (80386) proche Montdidier, Cavalier du Sieur de St Florent Lieutenant Colonel du regiment de Vienne ouil à servi 4 ans, auparavt 4 ans dansGirardin, 2 ans dans les Gensdarmes flammands, 8 ans dans le Regiment d'Anjou, 5 ans dans le Dussaussay, 5ans dans Sourdis, et 5 ans dans Schomberg, letout portez dans son Certificat, sesblessures et incommoditez lemettent hors de service, Confiseur de vaccation, et est Catholique."
***
[cliquer sur la carte pour l'agrandir]
FT : les vignes s'étendaient naguère jusque dans le nord de la France (avant l'épidémie de phylloxera). On raconte que dans un village aux environs de Montdidier, le vin fut une année si mauvais qu'on le servit "gratibus" (gracieusement en latin/gratis bibitur) - d'où le nom du village d'origine de Louis Triquet. Son fils, Louis, sera vigneron trente kilomètres plus au sud... à Neufvy-sur-Aronde (Oise - Picardie).
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vendredi 6 juin 2014
jeudi 22 mai 2014
Anti propagande économico-médiatique
Effet moutonnier : cet appel tente de persuader l'auditoire d'adopter une idée en insinuant qu'un mouvement de masse irrésistible est déjà engagé ailleurs pour cette idée. Comme tout le monde préfère être dans le camp des vainqueurs que dans la minorité qui sera écrasée, cette technique permet de préparer l'auditoire à suivre le propagandiste."
lundi 28 avril 2014
L’importance de défendre le français et de lutter contre l’illettrisme
« Avec l’anglais on va au bout du monde, avec le français, on va au bout des choses.» Le français est après le latin, la langue la plus précise et la plus concise au monde, c'est pourquoi elle a été pendant des siècles la langue diplomatique européenne. Si les résolutions de l’ONU étaient rédigées en français, il ne pourrait pas en exister deux lectures, israélienne et palestinienne. Le français est avec l’anglais la seule langue dont on trouve des locuteurs où que l’on aille dans le monde. C’est la raison pour laquelle il est la cible de l’impérialisme linguistique anglo-étasunien, comme principal concurrent à la mondialisation de la langue anglaise.
Je comprends la colère de Michel Serres qui veut faire la grève contre l’invasion de l’anglais, contre les publicités en anglais. Il s’en prend à la classe dominante qui ne veut pas parler la même langue que le peuple. La classe dominante parle anglais et le français est devenu la langue des pauvres. Et dit-il, «il y a plus de mots anglais sur les murs de Toulouse qu’il y avait de mots allemands pendant l’Occupation ».
Dans le langage courant, à la télévision, les digues élevées par la politesse contre le déferlement de la matière ont été emportées. La vulgarité l’emporte et ne semble même plus audible.
Notre ministre de l’Enseignement Supérieur, déclare le 20 mars 2013 « Si nous n’autorisons pas les cours en anglais, nous n’attirerons pas les étudiants des pays émergents comme la Corée du Sud et l’Inde. Et nous nous retrouverons à cinq à discuter de Proust autour d’une table, même si j’aime Proust. ». Il ne resterait donc plus que cinq personnes cultivées en France?… C’est reconnaître que les 80 % de jeunes qui obtiennent le baccalauréat ne sont pas cultivés.
Une langue pauvre en vocabulaire est une cause de violence.
Plus de 20 % de la population française ne possède qu’une langue réduite dans ses ambitions et dans ses moyens : 600 à 800 mots, quand il nous en faut en moyenne 5 000 à 6 000 pour accepter et comprendre nos différences.
Nous pensons à ces jeunes prêts à exploser à la première vexation, au premier « manque de respect » comme ils disent. Leurs parents et leurs maîtres n’ont pas su leur transmettre la capacité de mettre pacifiquement en mots leur pensée pour l’autre. L’illettrisme accompagne et aggrave l’exclusion. Il rend vulnérable face à des discours intégristes.
Ecoutons Jacqueline de Romilly, cette grande dame : « Apprendre à penser, à réfléchir, à être précis, à peser les termes de son discours, à échanger les concepts, à écouter l’autre, c’est être capable de dialoguer ; c’est le seul moyen d’endiguer la violence qui monte en nous. La parole est le rempart contre la bestialité. »
Maurice Collin, Grenoble - 9 janvier 2014
mercredi 23 avril 2014
Pour la sortie de la France de l'OTAN
Un article plus récent sur la vassalisation des pays faisant partie de l'OTAN aux Etats-Unis d'Amérique :
mardi 15 avril 2014
Anti Europe fédérale
"[Depuis 15 ans] le pouvoir d'achat n'a pas baissé"
François Lenglet, ancien directeur de BFM Business ("consultant" ès économie France 2)
Des paroles et des actes - jeudi 10 avril 2014
A chacun le soin de déterminer si son salaire a augmenté en proportion...
FT : Je récuse le qualificatif "d'eurosceptique" qui laisse à penser que tout le monde serait pour l'Europe et qu'il n'y aurait en France, en somme - tout au plus -, que des gens habités par le doute : l'union européenne, je suis contre !
lundi 14 avril 2014
dimanche 23 mars 2014
Arthur Rimbaud, Le Dormeur du val, octobre 1870
| Saint-Arnoult (Oise - Picardie) - la Source / 22.03.2014 |
C'est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
Arthur Rimbaud, Le Dormeur du val, octobre 1870
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