samedi 1 juillet 2017

La chanson de Roland


"Devant nous ils sont bien cent mille, l’écu au bras, le hea­ume lacé, le blanc haubert revêtu ; et leurs épieux bruns lu­isent, hampe dressée. Vous aurez bataill­e, telle qu’il n’en fut jamais. Seigneurs Français, que Dieu vous donne force ! Tenez fermement, que nous ne soyons vaincus ! » - Les França­is : « Honni soit qui s’enfuit ! Jusqu’à la mort, pas un ne vous manquera"

La chanson de Roland

dimanche 23 avril 2017

Le Jupiter Olympien - La légende des siècles - V. Hugo



Victor Hugo
LE JUPITER OLYMPIEN 
 
Quand cette voix se tut, à Pise, près de là,
 Du haut d'une acropole une autre voix parla :
— Je suis l'Olympien, je suis le Musagète ;
 Tout ce qui vit, respire, aime, pense et végète,
 Végète, pense, vit, aime et respire en moi ;
 L'encens monte à mes pieds mêlé d'un vague effroi ;
 L'angle de mon sourcil touche à l'axe du monde ;
 La tempête me parle avant de troubler l'onde ;
 Je dure sans vieillir, j'existe sans souffrir ;
 Je ne sais qu'une chose impossible, mourir.
 J'ai sur mon front, que l'ombre en reculant adore,
 La bandelette bleue et rose de l'aurore.
 Ô mortels effrénés, emportés, hagards, fous,
 L'urne des jours me lave en vous noircissant tous ;
 À mesure qu'au fond des nuits et sous la voûte
 Du temps d'où l'instant suinte et tombe goutte à goutte,
 Les siècles, partant l'un après l'autre, s'en vont,
 Ainsi que des oiseaux volant sous un plafond,
 Hébé plus fraîche rit en mes hautes demeures ;
 Ma jeunesse renaît sous le baiser des heures ;
 J'empêche, en abaissant mon sceptre lentement
 Vers le trou monstrueux plein du triple aboîment,
 Cerbère de saisir les astres dans sa gueule ;
 La chaîne du destin immuable peut seule
 Meurtrir ma main égale à tout l'effort des dieux ;
 Mon temple offre son mur au nid mélodieux ;
 Et c'est du vol de l'aigle et du vol de la foudre,
 C'est du cri de l'enfer tremblant de se dissoudre,
 C'est du choc convulsif des groupes des typhons,
 C'est du rassemblement des nuages profonds,
 Que le vieux Phidias d'Athènes, statuaire,
 Composa, dans l'horreur sainte du sanctuaire,
 L'immense apaisement de ma sérénité.
 Quand, dans le saint pœan par les mondes chanté,
 L'harmonie amoindrie avorte ou dégénère,
 Je rends le rythme aux cieux par un coup de tonnerre ;
 Mon crâne plein d'échos, plein de lueurs, plein d'yeux,
 Est l'antre éblouissant du grand Pan radieux ;
 En me voyant on croit entendre le murmure
 De la ville habitée et de la moisson mûre,
 Le bruit du gouffre au chant de l'azur réuni,
 L'onde sur l'océan, le vent dans l'infini,
 Et le frémissement des deux ailes du cygne ;
 On sent qu'il suffirait à Jupiter d'un signe
 Pour mêler sur le front des hommes le chaos ;
 Que seul je mets la bride aux bouches des fléaux,
 Que l'abîme est mon hydre, et que je pourrais faire
 Heurter le pôle au pôle et l'étoile à la sphère,
 Et rouler à flots noirs les nuits sur les clartés,
 Et s'entre-regarder les dieux épouvantés,
 Plus aisément qu'un pâtre au flanc hâlé ne jette
 Une pierre aux chevreaux broutant sur le Taygète.
 
La légende des siècles, IV

samedi 22 avril 2017

Attentat du 21/04/2017 sur les Champs-Elysées : Farid interpelle Anne Hidalgo (PS)

Un homme tente d'interpeller le maire de Paris, Anne Hidalgo, sur les lieux de l'attentat des Champs-Elysée. Il accuse nos gouvernants actuels et passés d'être responsables des attentats car ils n'ont rien fait pour les éviter



La même video du point de vue d'Hidalgo : https://www.youtube.com/watch?v=i9kmWEnBjCY

jeudi 9 mars 2017

Crimes et châtiments - Mgr Joseph Hippolyte Guibert


«La punition des fautes ordinaires est renvoyée le plus souvent dans l'autre vie, de peur que le châtiment immédiat, trop fréquemment appliqué, ne trouble l'ordre de la liberté humaine, sagement établie de Dieu. Mais il est des crimes d'un ordre supérieur, s'il est permis de les nommer ainsi, qui attentent aux grands principes de la vérité et de la morale, et qui par cela même tendent à la perversion de l'humanité ; ces crimes doivent recevoir, dès cette vie, une répression temporelle, afin que la conduite de la Providence ne devienne pas un scandale pour les faibles et que la vertu ne soit pas découragée.»
 
Mgr Joseph Hippolyte Guibert (1802 - 1886)

mardi 28 février 2017

Le Grand Orient - L'affaire des fiches


Émile, Justin, Louis Combes, né à Roquecourbe (Tarn) le 6 septembre 1835, et mort à Pons (Charente-Maritime) le 25 mai 1921, est un homme politique français
Il en est élu maire en 1876, et tiendra ce poste jusqu'en 1919 puis sénateur de la Charente-Inférieure en 1885 et devient Président de "La Gauche Démocratique".
Il entre au ministère de l'Instruction publique en 1895. En 1902, il est désigné président du Conseil et mène alors une politique dite du « Combisme » fortement anticléricale, qui mènera en 1905 à la loi de séparation des Églises et de l'État et à l'aboutissement de l'école laïque en France
         
Dès le 20 juin 1902, Emile Combes envoie une circulaire aux préfets pour mettre en place la discrimination administrative pour délit d'opinion.

Les purges et les discriminations combiennes affectent l'administration et l'éducation ; elles affectent aussi l'armée. Officiellement depuis mai 1904, mais sans doute depuis plus longtemps, le général Louis André, de l'état-major du ministre de la guerre, faisait établir des fiches sur les opinions et la vie privée des officiers. Les délateurs portaient en marge : " va à la messe " ; " va à la messe avec un livre ", ou bien " a assisté à la communion de son fils ". Parfois cela se résumait à des abréviations : " VLM " pour " Va à la messe " ; " VLMAL " pour " Va à la messe avec un livre ". De ces fiches dépendaient mutations ou avancements. Vingt cinq mille fiches sont ainsi établies par les Francs-Maçons du Grand Orient de France, pour le compte du Ministère. (Dès 1878, vingt-cinq ans plus tôt, huit ans après la proclamation de la Troisième république, Gambetta avait commandé une enquête au Grand-Orient sur les opinions politiques de l'état-major. Celui-ci avait mis à sa disposition les moyens d'investigation de 400 loges). Le gouvernement de la IIIe République est qualifié de «république des francs-maçons» (on évalue à 30.000 le nombre de francs-maçons dans les instances politiques parmi lesquels 250 députés, 200 sénateurs et un grand nombre d'instituteurs).

Toutefois, le secret s'évente. Un employé des loges, J. Bidegain, les communique au Figaro, qui les publie le 27 octobre 1904. Le général André est giflé en public par un député, Gabriel Syveton. Trente-cinq députés francs-maçons se désolidarisent du ministère Combes. Selon eux, les loges avaient violé les statuts de l'Ordre en travaillant pour un service public. Pour se justifier, le conseil de l'Ordre du Grand-Orient invoqua la nécessité d'épurer l'armée.

Le terme "républicain" signifie, d'après le contenu des fiches, "anticlérical". Dans un discours de 1904, Emile Combes considère qu'il y a "incompatibilité radicale de principes" entre l'église et la république. D'où l'équation simple : chrétien = ennemi de la république.

***

Gabriel Syveton, qui avait giflé le général André en public, sera calomnié et lynché médiatiquement. Il sera retrouvé mort par asphyxie chez lui quelques semaines plus tard, le 8 janvier 1905, dans des circonstances assez mystérieuses (et semblables, curieusement, à la mort de Zola en 1902). La police bouclera le dossier en concluant au suicide.

Les officiers considérés comme « réactionnaires et cléricaux », généralement issus de familles catholiques, ont été souvent écartés des postes importants de l'armée, quelquefois au profit de carriéristes médiocres issus des loges ou de la clientèle des partis de gauche, et la France a dû se passer d'eux pendant la Première Guerre mondiale, en tant qu'officiers d'active à tout le moins.

La campagne des fiches a pour effet de bloquer l'avancement de certains officiers, compétents mais jugés trop proches de l'Église, comme Ferdinand Foch dont le frère est jésuite ! Elle favorise par ailleurs la promotion d'officiers républicains athées et laïcs mais incompétents, tel Joseph Joffre, ce qui aura des conséquences désastreuses sur les premiers engagements de la Grande Guerre, dix ans plus tard.
Beaucoup d'officiers indûment promus (dont près de la moitié des 425 généraux !) seront alors «limogés» en catastrophe, autrement dit affectés à des bases éloignées du front comme Limoges (d'où l'origine du verbe «limoger», inventé pour l'occasion).

"La vérité vous délivrera"
Jésus Christ