mercredi 29 novembre 2017

Hâte-toi lentement


"Il y avait une fois, dans Bagdad, un Calife et son Vizir. Un jour, le Vizir arriva devant le Calife, pâle et tremblant :
- Pardonne mon épouvante, Lumière des Croyants, mais devant le Palais une femme m’a heurté dans la foule. Je me suis retourné : et cette femme au teint pâle, aux cheveux sombres, à la gorge voilée par une écharpe rouge était la Mort. En me voyant, elle a fait un geste vers moi. Puisque la mort me cherche ici, Seigneur, permets-moi de fuir me cacher loin d’ici, à Samarcande. En me hâtant, j’y serai avant ce soir.
Sur quoi il s’éloigna au grand galop de son cheval et disparu dans un nuage de poussière vers Samarcande. Le Calife sortit alors de son Palais et lui aussi rencontra la Mort. Il lui demanda:
- Pourquoi avoir effrayé mon Vizir qui est jeune et bien-portant ?
Et la Mort répondit :
- Je n’ai pas voulu l’effrayer, mais en le voyant dans Bagdad, j’ai eu un geste de surprise, car je l’attends ce soir à Samarcande."

jeudi 26 octobre 2017

Cardinal Robert Sarah - Conférence Europa Christi (Pologne)


« Chaque nation a le droit de faire la distinction entre les réfugiés authentiques et les migrants économiques qui ne partagent pas la culture de cette nation ».

« L’idéologie de l’individualisme libéral favorise un mélange conçu pour éroder les frontières naturelles des patries et des cultures, et conduit à un monde post-national et unidimensionnel où les seules choses importantes sont la consommation et la production ».

Cardinal Robert Sarah - Conférence Europa Christi (Pologne)

lundi 23 octobre 2017

L'ancienne France - Georges Bernanos


“Je suis un homme de l'ancienne France. C'est à dire de la France car mille ans d'histoire ne sauraient être effacés par cent cinquante ans de tâtonnements malheureux ; l'ancienne France est toute entière dans la France d'aujourd'hui et qui veut l'y voir l'y voit. Moi je la vois.”

Georges Bernanos

samedi 15 juillet 2017

La morelle douce amère du fond du jardin



La morelle douce amère du fond du jardin



"la morelle douce-amère est une plante magique, anciennement utilisée et comme contraceptif, et comme aphrodisiaque…

et aussi dans les mélanges de plantes pour avoir des visions.

Une plante puissante, donc, extrêmement toxique : pas que les baies, toutes les parties sont toxiques, sauf les baies noires qui deviennent comestibles seulement pour les oiseaux.

c'est une liane qui ne cause aucun dommage aux plantes sur lesquelles elle s'appuie pour pousser, et une puissante gardienne d'un jardin, pour peu que cela vous parle…"

dimanche 2 juillet 2017


"Les enfants ne sont pas toujours engendrés par la réflexion et par la raison, mais dans un élan d'amour irrésistible, comme l'exigent la nature et l'instinct de continuité de l'espèce humaine." Avec la pilule, affirme M. Coumaros, "ces effusions périront dans le néant. Les maris ont-ils songé que désormais c'est la femme qui détiendra le pouvoir absolu d'avoir ou de ne pas avoir d'enfants en absorbant la pilule, même à leur insu ? Les hommes perdront alors la fière conscience de leur virilité féconde et les femmes ne seront plus qu'un objet de volupté stérile."

Jean Coumaros - 1967

samedi 1 juillet 2017

La chanson de Roland


"Devant nous ils sont bien cent mille, l’écu au bras, le hea­ume lacé, le blanc haubert revêtu ; et leurs épieux bruns lu­isent, hampe dressée. Vous aurez bataill­e, telle qu’il n’en fut jamais. Seigneurs Français, que Dieu vous donne force ! Tenez fermement, que nous ne soyons vaincus ! » - Les França­is : « Honni soit qui s’enfuit ! Jusqu’à la mort, pas un ne vous manquera"

La chanson de Roland

dimanche 23 avril 2017

Le Jupiter Olympien - La légende des siècles - V. Hugo



Victor Hugo
LE JUPITER OLYMPIEN 
 
Quand cette voix se tut, à Pise, près de là,
 Du haut d'une acropole une autre voix parla :
— Je suis l'Olympien, je suis le Musagète ;
 Tout ce qui vit, respire, aime, pense et végète,
 Végète, pense, vit, aime et respire en moi ;
 L'encens monte à mes pieds mêlé d'un vague effroi ;
 L'angle de mon sourcil touche à l'axe du monde ;
 La tempête me parle avant de troubler l'onde ;
 Je dure sans vieillir, j'existe sans souffrir ;
 Je ne sais qu'une chose impossible, mourir.
 J'ai sur mon front, que l'ombre en reculant adore,
 La bandelette bleue et rose de l'aurore.
 Ô mortels effrénés, emportés, hagards, fous,
 L'urne des jours me lave en vous noircissant tous ;
 À mesure qu'au fond des nuits et sous la voûte
 Du temps d'où l'instant suinte et tombe goutte à goutte,
 Les siècles, partant l'un après l'autre, s'en vont,
 Ainsi que des oiseaux volant sous un plafond,
 Hébé plus fraîche rit en mes hautes demeures ;
 Ma jeunesse renaît sous le baiser des heures ;
 J'empêche, en abaissant mon sceptre lentement
 Vers le trou monstrueux plein du triple aboîment,
 Cerbère de saisir les astres dans sa gueule ;
 La chaîne du destin immuable peut seule
 Meurtrir ma main égale à tout l'effort des dieux ;
 Mon temple offre son mur au nid mélodieux ;
 Et c'est du vol de l'aigle et du vol de la foudre,
 C'est du cri de l'enfer tremblant de se dissoudre,
 C'est du choc convulsif des groupes des typhons,
 C'est du rassemblement des nuages profonds,
 Que le vieux Phidias d'Athènes, statuaire,
 Composa, dans l'horreur sainte du sanctuaire,
 L'immense apaisement de ma sérénité.
 Quand, dans le saint pœan par les mondes chanté,
 L'harmonie amoindrie avorte ou dégénère,
 Je rends le rythme aux cieux par un coup de tonnerre ;
 Mon crâne plein d'échos, plein de lueurs, plein d'yeux,
 Est l'antre éblouissant du grand Pan radieux ;
 En me voyant on croit entendre le murmure
 De la ville habitée et de la moisson mûre,
 Le bruit du gouffre au chant de l'azur réuni,
 L'onde sur l'océan, le vent dans l'infini,
 Et le frémissement des deux ailes du cygne ;
 On sent qu'il suffirait à Jupiter d'un signe
 Pour mêler sur le front des hommes le chaos ;
 Que seul je mets la bride aux bouches des fléaux,
 Que l'abîme est mon hydre, et que je pourrais faire
 Heurter le pôle au pôle et l'étoile à la sphère,
 Et rouler à flots noirs les nuits sur les clartés,
 Et s'entre-regarder les dieux épouvantés,
 Plus aisément qu'un pâtre au flanc hâlé ne jette
 Une pierre aux chevreaux broutant sur le Taygète.
 
La légende des siècles, IV